jeudi 29 septembre 2016

Compte-rendu groupe de paroles en direction des professionnels


mardi 13 septembre 2016


Le groupe se composait de : 2 AMP, 2 ASH,  2 aide-soignantes,  3 animatrices,  1 infirmière coordonnatrice

Plusieurs temps sont apparus dans les échanges sur le thème de l'entrée en institution.

1) Préparation en amont

- Visite de l'établissement permettant notamment d'évaluer si l'environnement est adapté, le GIR  n'est pas toujours en concordance avec ce qui est annoncé.
Cela contribuerait à « préparer son nid ».

- La personne est-elle au courant qu'elle va entrer en EHPAD ? ⇒ préparation matérielle et physique

- La personne est-elle d'accord pour entrer dans l'établissement ?
Une professionnelle explique que dans son établissement, si ce n'est pas le cas et bien sûr en fonction de la situation de la personne, un travail est fait pour permettre à la personne de quitter l'établissement.

- Quand c'est possible, visite du cadre de santé et éventuellement psychologue à domicile ou à l'hôpital.
Cette pratique varie d'un établissement à l'autre (problème de temps et de turn over des résidents), mais il a été observé des effets positifs d'une telle démarche.

- Visite de l'établissement systématique de préférence avec la famille.
Certains résidents découvrent la structure seulement au moment de leur entrée.

- Dans certains cas, les animatrices sont en première ligne de l'intégration.

L'idéal serait la possibilité d'un pré-accueil, d'un accueil temporaire, un accueil sous conditions.


2) Le JOUR J

- Importance de l'accueil. Une personne qui serait là que pour eux.
Dans un établissement, le 1er jour, les personnes ont un plateau en chambre pour ne pas tout de suite être immergées dans la salle de restauration.

Dans un établissement hors secteur, le jour de l'accueil, le référent de la personne passe la journée avec elle (accueil le matin, repas, visite de l'établissement, installation dans la chambre…) avec la présence éventuelle de la famille.

- Privilégier les entrées l'après-midi.

- Présentation du nouvel arrivé lors d'un goûter musical.

- Rechercher des affinités entre résidents pour créer du lien social.


L'institution conditionne des horaires, une vie en collectivité parfois difficile pour les personnes accueillies.



3) Après l'entrée

- L'importance des activités.

- Un livret d'accueil avec des mots, des paroles de résidents.

- Être vigilant à bien intégrer aussi les familles : les familles ne sont pas toujours très à l'aise. Les intégrer aux animations.

Un bémol : certaines familles ont tendance à faire de l'ombre à certains résidents, à avoir des exigences qui ne sont pas le choix de la personne. Parfois, les familles sont davantage écoutées que les résidents.

- Garder contact avec l'entourage : parfois difficile à cause d'obstacles matériels, le chemin vers l'établissement est parfois psychologiquement difficile.

            - les sorties au marché quand c'est possible sont génératrices de liens sociaux et de maintien de liens antérieurs
            - aller au domicile (quand c'est possible) pour y cueillir des fleurs, ramasser des noix avec           d'autres résidents
            - rendre visite à un ancien voisin
            - rencontres inter-établissements où certains se retrouvent
            - lettres
           

Une belle expérience : une journée au PAL avec 18 résidents (1 agent pour 2 résidents).

Une info : le 23 octobre 2016, seulement la partie ZOO sera ouverte au PAL avec une entrée moins chère.


Agnès Conte






vendredi 23 septembre 2016

Synthèse du groupe d’échange entre professionnels

 Mardi 13 septembre 2016
Groupe d’une dizaine de professionnelles (aide soignantes, infirmière coordonnatrice, animatrices). Animé par Aurore et Mélanie, psychologues.

Thème : Le ressentis des familles lors de l’entrée en EHPAD de leur proche.


v  La visite de préadmission, l’entrée :
·         Importance de la visite de préadmission qui permet de faire connaissance avec le futur résident mais également avec la famille. Cette visite permet également d’avoir une première approche concernant le ressenti des proches.
·         Il est à noter que souvent les proches sont dépassés, pas en capacité d’écoute, se posent beaucoup de questions et présentent souvent de la culpabilité.
Les visites de préadmission à domicile sont souvent très intéressantes, c’est une approche différente avec la personne âgée et l’entourage. Les personnes se sentent plus en sécurité, dans leur milieu familier.
Il est important de dédramatiser la visite de préadmission auprès des familles et des résidents.

v  Les outils de l’entretien de préadmission :
L’EHPAD de Cérilly est en ce moment en train de mettre en place une tablette tactile contenant des photos de l’établissement et des informations utiles. Cette tablette sera utilisée lors des entretiens de préadmission à domicile notamment afin de faire partager cela aux personnes âgées et familles, qui souvent ne connaissent pas les lieux.

v  Problématiques :
Plusieurs personnes présentes lors de l’échange mettent en avant que le personnel soignant n’est pas assez formé pour répondre à la détresse et à l’angoisse de certaines familles que l’on retrouve lors de l’entrée en EHPAD.
A ce moment-là et par la suite, certaines familles sont parfois opposées au personnel soignant, cela complique la prise en charge du résident.



v  L’accueil :
L’accueil des résidents est différent de l’accueil des familles. Il est important de travailler sur les deux en équipe.
L’accueil ne se limite pas à la journée d’entrée du résident. Celui-ci est un travail sur plusieurs semaines, il est important d’offrir une disponibilité aux familles, les orienter, les rassurer afin que l’adaptation se passe au mieux.
Une des animatrices présentes dans le groupe nous fait part d’une chose mise en place au sein de son établissement. Le premier jour, lors de l’arrivée du résident, l’équipe donne le minimum d’informations afin de ne pas surcharger l’accueil. Un moment avec la famille est laissé au résident. Celui-ci, aux alentours de 16h est ensuite convié à un petit « pot de bienvenu » organisé par quelques résidents volontaires. Ce moment permet d’échanger entre eux et commencer à créer des liens. Lors de ce moment, un référent résident est désigné ainsi qu’un référent soignant. Ceux-ci permettent au nouvel arrivant de ne se référer qu’à deux visages qu’il doit retenir dans les premiers jours. Au repas du soir, le résident est présenté à l’ensemble de l’établissement.
L’individualisation de l’accueil permettrait peut être à la famille de se déculpabiliser, de se rassurer à on passe le relai.
L’EHPAD de Royat nous partage que lorsqu’un nouveau résident entre dans l’établissement, un mois suite à son entrée, une réunion entre l’équipe, la famille et le résident est programmée. Celle-ci permet de recueillir le ressenti de chacun et d’amener des modifications à la prise en charge si nécessaire.
C’est également un moment qui peut être choisi pour parler de la fin de vie avec le résident et sa famille (quel est le bon moment pour parler de ça ?). Une des familles ayant un proche au sein de l’EHPAD de Royat a mentionner que cela était rassurant de parler de tout cela à l’entrée, soulagement…

v  Si l’un de vos proches devait entrer en EHPAD, quelles seraient vos attentes ?
·         Respect de son rythme de vie.
·         Avoir beaucoup de franchise de la part du personnel, ne pas faire croire que l’on peut tout faire.
·         Ne jamais mettre un proche dans l’établissement où l’on travaille à double casquette par rapport au résident et à l’équipe, trop d’implication, trop proche.
·         Le questionnement pour connaitre l’histoire de vie à l’entrée peut parfois être intrusif, on se sent fouillés. Il serait donc intéressant qu’elle soit remplie par la famille ou le résident avant l’entrée, au domicile pour plus de tranquillité et lue par l’équipe par la suite.



v  Quelles seraient les pistes possibles pour améliorer l’accueil de la famille ?
·         Etre très honnête, dire les choses, être clair sur ce que l’on peut apporter.
·         Importance de dire aux résidents et aux familles qu’il est possible de repartir, ce n’est pas une prison. Problématique de la situation d’urgence lorsqu’un résident est placé en urgence par la famille, sans autre choix envisageable à à dire lors de la visite de préadmission ? leur proposer une période d’essai ?
·         Le personnel peut se rendre disponible pour répondre aux différentes questions même après l’entrée.
·         Dire que des choses peuvent être mises en place au moment du décès aux familles (respect des souhaits, soutien psychologique).

v  La place des familles au sein de l’EHPAD et dans la prise en charge :
Les familles ont leur place dans la prise en charge de leur proche. Les rendre acteurs de la prise en charge de leur proche pourrait permettre de diminuer les angoisses, ramener un sentiment d’utilité.
Par exemple lors des animations, il peut être intéressant, en mettant un cadre au préalable, d’intégrer les familles qui le souhaitent.
Il est important d’avoir conscience parfois pour certaines familles de la difficulté du « face à face » avec leur proche. Lors des visites, cela peut être difficile à vivre du fait du manque de communication, de la pathologie, de la culpabilité… Le fait d’intégrer les proches lors d’une animation pourrait donc permettre de retrouver un moment de plaisir.
Il est cependant nécessaire de respecter le désir de chaque famille de participer ou non, de réaliser des choses ou non.

v  Conclusion :

La prise en compte de la famille dans la prise en charge globale du résident est donc importante. La famille présente également un besoin d’accompagnement. Cela pourrait permettre d’améliorer l’adaptation du résident et son bien être.

lundi 19 septembre 2016

SYNTHESE DU GROUPE DE PAROLE professionnels


Lors du colloque citoyennage du Mardi 13 septembre


Coordinatrice du groupe : Magali Porte, psychologue ehpad Vendat
13 participants dont 6 animateurs, 6 aide soignants, 2 infirmières coordinatrices


Plusieurs thématiques ont été abordées sur ce groupe

1)    Un écart du thème du colloque mais dont le besoin s’est fait ressentir : plusieurs soignants de ce groupe évoque avoir eu des changements de direction durant l’année du colloque et ces professionnels se questionnent sur leurs doutes pendant l’année où ils sont inscrits à comment maintenir une adhésion ou pas au programme ? comment peut mieux remonter ces informations au coordonnateur de citoyennage ? les coordonnateurs de citoyennage au niveau des directeurs peuvent-ils appeler les sites concernés sur ce genre de questions ?

2)    Concernant la thématique de l’accueil en établissement : plusieurs soignants exercent en EHPAD depuis plusieurs années et notent une évolution sur l’accueil des résidents en maison de retraite : les soignants connaissent mieux l’impact de cette phase sur l’intégration en ehpad des résidents et leur degré d’acceptation.

3)    Evocation du lien entre professionnels : importance du regard pluri professionnelle sur les résidents : chacun dans leur rôle les professionnels sont garants d’accueillir et comprendre le résident sur chacun des plans (somatique, psychologique, les paramètres de la santé)

4)    Meilleur connaissance et accueil des résidents grâce aux projets personnalisés


5)    Idées concrètes ressortis par les résidents lors des groupes citoyennage : pot d’accueil, visites guidés par les résidents eux même, livret d’accueil écrit par les résidents (certaines parties)

jeudi 22 octobre 2015

Synthèse du Citoyennage 2015

CITOYENNAGE AUVERGNE 2015

Etre heureux en établissement

Le bonheur est très personnel. Chacun le voit à sa façon. On recherche surtout le bien-être, voire le mieux être, une vie paisible et supportable.

Qu’est-ce qui aide à se sentir heureux en Maison de Retraite ?

Quand on est préparé à entrer, c’est plus facile d’être heureux en établissement. Quand on vous dit vous ne pouvez plus rester chez vous, il faut se cramponner et accepter que l’on ne peut faire autrement.
Le bonheur ça dépend des personnes qu’on fréquente et des affinités : certains se construisent une nouvelle famille. On attend des professionnels qu’ils soient : à l’écoute, d’humeur égale, qu’ils viennent quand on sonne dans la mesure du possible. L’idéal est d’avoir une sonnette à notre portée surtout pour les personnes fragiles.  L’équipe essaye de s’adapter aux habitudes de vie mais il y a quand même des contraintes. Parfois  on nous couche trop tôt. Il faut qu’il y ait une compréhension, un respect réciproques. Ce ne sont pas des domestiques. Dans certains établissements, le personnel mange le week-end avec nous ce qui est très agréable.
 Les appels, les visites des proches nous donnent le sourire. Mais nous n’avons pas forcément envie de les voir ici. Il nous faut des lieux intimes pour recevoir car c’est notre privé, notre intimité.
Les autres résidents : on est heureux quand on fait de belles rencontres. Mais c’est comme partout, il n’y a pas que des affinités. Parfois certains résidents sont en difficulté. Si le personnel n’intervient pas, on a envie d’aider, c’est un réflexe naturel. Mais il nous arrive de nous faire reprendre par le personnel.
Pour être heureux, il faut la santé et la sécurité avant tout. Mais être en bonne santé à notre âge, c’est beaucoup dire. Savoir qu’on peut être soigné ça contribue au bonheur, ça tranquillise.
L’environnement beau, très fleuri, verdoyant, ça donne envie. Les maisons de retraite ne sont plus des mouroirs. 
Le « bonheur dans l’assiette » ? Pas toujours ! Parfois c’est trop copieux notamment le soir. Il y a aussi beaucoup de gâchis. Et attention aux viandes trop dures à couper et à manger !!
Avoir un peu d’argent : c’est pas suffisant mais ça contribue au bonheur. C’est bien d’en avoir un peu sur soi pour ne pas se sentir démuni.  Ça rassure et ça permet de se sentir plus libres comme par exemple pour les sorties.

L’animation pour être heureux ?

L’animation c’est essentiel, important pour le moral. Quand l’animateur est en vacances, cela nous manque : nous aimerions qu’il soit alors remplacé pendant ses absences. Les week-ends, on s’ennuie, on se sent seul. Il arrive que des activités soient proposées le samedi mais c’est encore trop rare.
Le sourire des animateurs c’est comme un rayon de soleil, un cadeau que l’on offre. Il est gratuit et fait plaisir. L’humour est aussi important en Maison de Retraite. « Qui n’a pas d’humour n’a pas d‘amour ». « C’est une évasion de l’esprit ». Rire, c’est trouver un peu de bonheur pour mieux assumer son âge.

Prendre soin de soi, ça contribue au bonheur ?

C’est très personnel, ça dépend de l’état d’esprit et des capacités de chacun. C’est une forme de dignité pour soi-même et les autres. Certains ont besoin d’aide pour la douche mais par manque de moyens sont limités à une douche par semaine.
Pour prendre soin de soi, il faut aussi avoir de l’activité physique quand nous le pouvons encore (marche, gym, danse de salon). En Auvergne, on a quand même la possibilité de faire de belles promenades !!
Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son esprit, satisfaire sa curiosité. Les ateliers mémoire, les groupes de discussion sont appréciés.
Tout le monde n’a pas la beauté mais chacun a de la valeur. C’est l’élégance du cœur. Se complimenter les uns les autres ça fait du bien, ça flatte. Il faut en donner et en  recevoir.

Libre et heureux ?

La liberté c’est un grand mot. Elle fait d’ailleurs partie de notre devise française. Mais il ne faut pas en abuser au détriment des autres.
Une maison de retraite ce n’est pas une caserne.  On est libre de sortir oui, mais pas trop loin… : le handicap mais aussi l’aménagement de l’établissement (pente, ascenseur, portes trop lourdes…) nous limitent. Il faudrait rendre les espaces extérieurs plus accessibles.

Pour ceux qui ne peuvent sortir seuls, il faut avoir des chambres d’une dimension qui ne fait pas penser à des cellules, avoir de la clarté et pouvoir l’aménager selon ses goûts.

Même si la liberté est limitée sur le plan physique, ça n’empêche pas de donner son avis, de faire des choix. Par exemple : être libre de participer aux animations, choisir ses vêtements…. Dire ce que l’on a sur le cœur : ça soulage… Enfin ça dépend de la réaction en face. Il est important d’être entendu et qu’on nous croit quand on dit quelque chose. Certains sont trop timides et n’osent s’exprimer. Il faut être attentif à leurs avis. Il y a des réunions où nous avons la parole : citoyennâge, commission des menus, conseil de la vie sociale… C’est plus facile de parler en petit groupe. Le grand groupe peut bloquer.

Conclusion : On a le bonheur que l’on se donne. On ne peut pas être heureux toute la journée. Il faut savoir chercher chaque jour un petit moment où l’on a été heureux et on en trouve.

Avec l’aimable participation de (par ordre alphabétique) : Mme Boudineau, M. Broutin, M. Dutheil, M. Lhermitte, M. Méliand et Mme Roche.