jeudi 22 octobre 2015

Synthèse du Citoyennage 2015

CITOYENNAGE AUVERGNE 2015

Etre heureux en établissement

Le bonheur est très personnel. Chacun le voit à sa façon. On recherche surtout le bien-être, voire le mieux être, une vie paisible et supportable.

Qu’est-ce qui aide à se sentir heureux en Maison de Retraite ?

Quand on est préparé à entrer, c’est plus facile d’être heureux en établissement. Quand on vous dit vous ne pouvez plus rester chez vous, il faut se cramponner et accepter que l’on ne peut faire autrement.
Le bonheur ça dépend des personnes qu’on fréquente et des affinités : certains se construisent une nouvelle famille. On attend des professionnels qu’ils soient : à l’écoute, d’humeur égale, qu’ils viennent quand on sonne dans la mesure du possible. L’idéal est d’avoir une sonnette à notre portée surtout pour les personnes fragiles.  L’équipe essaye de s’adapter aux habitudes de vie mais il y a quand même des contraintes. Parfois  on nous couche trop tôt. Il faut qu’il y ait une compréhension, un respect réciproques. Ce ne sont pas des domestiques. Dans certains établissements, le personnel mange le week-end avec nous ce qui est très agréable.
 Les appels, les visites des proches nous donnent le sourire. Mais nous n’avons pas forcément envie de les voir ici. Il nous faut des lieux intimes pour recevoir car c’est notre privé, notre intimité.
Les autres résidents : on est heureux quand on fait de belles rencontres. Mais c’est comme partout, il n’y a pas que des affinités. Parfois certains résidents sont en difficulté. Si le personnel n’intervient pas, on a envie d’aider, c’est un réflexe naturel. Mais il nous arrive de nous faire reprendre par le personnel.
Pour être heureux, il faut la santé et la sécurité avant tout. Mais être en bonne santé à notre âge, c’est beaucoup dire. Savoir qu’on peut être soigné ça contribue au bonheur, ça tranquillise.
L’environnement beau, très fleuri, verdoyant, ça donne envie. Les maisons de retraite ne sont plus des mouroirs. 
Le « bonheur dans l’assiette » ? Pas toujours ! Parfois c’est trop copieux notamment le soir. Il y a aussi beaucoup de gâchis. Et attention aux viandes trop dures à couper et à manger !!
Avoir un peu d’argent : c’est pas suffisant mais ça contribue au bonheur. C’est bien d’en avoir un peu sur soi pour ne pas se sentir démuni.  Ça rassure et ça permet de se sentir plus libres comme par exemple pour les sorties.

L’animation pour être heureux ?

L’animation c’est essentiel, important pour le moral. Quand l’animateur est en vacances, cela nous manque : nous aimerions qu’il soit alors remplacé pendant ses absences. Les week-ends, on s’ennuie, on se sent seul. Il arrive que des activités soient proposées le samedi mais c’est encore trop rare.
Le sourire des animateurs c’est comme un rayon de soleil, un cadeau que l’on offre. Il est gratuit et fait plaisir. L’humour est aussi important en Maison de Retraite. « Qui n’a pas d’humour n’a pas d‘amour ». « C’est une évasion de l’esprit ». Rire, c’est trouver un peu de bonheur pour mieux assumer son âge.

Prendre soin de soi, ça contribue au bonheur ?

C’est très personnel, ça dépend de l’état d’esprit et des capacités de chacun. C’est une forme de dignité pour soi-même et les autres. Certains ont besoin d’aide pour la douche mais par manque de moyens sont limités à une douche par semaine.
Pour prendre soin de soi, il faut aussi avoir de l’activité physique quand nous le pouvons encore (marche, gym, danse de salon). En Auvergne, on a quand même la possibilité de faire de belles promenades !!
Prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de son esprit, satisfaire sa curiosité. Les ateliers mémoire, les groupes de discussion sont appréciés.
Tout le monde n’a pas la beauté mais chacun a de la valeur. C’est l’élégance du cœur. Se complimenter les uns les autres ça fait du bien, ça flatte. Il faut en donner et en  recevoir.

Libre et heureux ?

La liberté c’est un grand mot. Elle fait d’ailleurs partie de notre devise française. Mais il ne faut pas en abuser au détriment des autres.
Une maison de retraite ce n’est pas une caserne.  On est libre de sortir oui, mais pas trop loin… : le handicap mais aussi l’aménagement de l’établissement (pente, ascenseur, portes trop lourdes…) nous limitent. Il faudrait rendre les espaces extérieurs plus accessibles.

Pour ceux qui ne peuvent sortir seuls, il faut avoir des chambres d’une dimension qui ne fait pas penser à des cellules, avoir de la clarté et pouvoir l’aménager selon ses goûts.

Même si la liberté est limitée sur le plan physique, ça n’empêche pas de donner son avis, de faire des choix. Par exemple : être libre de participer aux animations, choisir ses vêtements…. Dire ce que l’on a sur le cœur : ça soulage… Enfin ça dépend de la réaction en face. Il est important d’être entendu et qu’on nous croit quand on dit quelque chose. Certains sont trop timides et n’osent s’exprimer. Il faut être attentif à leurs avis. Il y a des réunions où nous avons la parole : citoyennâge, commission des menus, conseil de la vie sociale… C’est plus facile de parler en petit groupe. Le grand groupe peut bloquer.

Conclusion : On a le bonheur que l’on se donne. On ne peut pas être heureux toute la journée. Il faut savoir chercher chaque jour un petit moment où l’on a été heureux et on en trouve.

Avec l’aimable participation de (par ordre alphabétique) : Mme Boudineau, M. Broutin, M. Dutheil, M. Lhermitte, M. Méliand et Mme Roche.




jeudi 18 juin 2015

Compte rendu de la réunion Citoyennâge 2015

Compte rendu de la réunion citoyennâge - 18 juin 2015 – BEAUREGARD L’EVEQUE
Sont présents ou représentés par leurs directeurs, et/ou animateurs, et/ou psychologues 18 établissements sur les 19 qui souhaitent participer à l’édition 2015 de Citoyennâge. Seul Vallon en Sully est absent) cf. liste en PJ. L’orée des termes (résidence service) à Vichy et le Vent d’Autan à Clermont ont renoncés à leur participation pour cette année.
Les participants évoquent un sujet plaisant et intéressant qui permet de bons échanges avec les résidents, et aussi le plaisir des résidents de se retrouver avec les ehpads voisins pour réfléchir ensemble et élaborer la synthèse commune.
Présentation :
nous reconduisons les « posters » :
·         Un pour présenter chaque établissement qui restera exposé dans le hall pendant les 3 jours (=19 posters)
·         Un par regroupement inter-établissement qui représentera la synthèse de vos réflexions sur le thème et restera, quant à lui, les 3 jours dans le hall à côté de notre grande salle de réunion (= 7 posters). Le contenu du poster doit être représentatif des éléments les plus importants de la synthèse à partir de mots clés, photos, phrases etc.
De plus, et suite à certaines demandes, votre synthèse pourra être présentée aussi sous une autre forme, vidéo, photos, film, PowerPoint, (maximum 5 à 6 minutes et si PowerPoint maxi 10 diapos)…. Mais le poster devra être fourni quand même.

Vos posters seront de dimension maxi 80 cm en largeur et 1,20 m en hauteur, ils devront être munis d’un système d’accrochage permettant de les suspendre à une grille d’exposition et de préférence sur un support rigide.

Nous avons posé des options sur les chambres, mais il nous faut une réservation définitive pour la fin juillet. Aussi, chaque établissement devra nous renvoyer, pour le vendredi 24 juillet (date impérative) le tableau ci-joint rempli, indiquant les participants de chaque établissement répartis entre résidents et personnel (avec leurs fonctions) et homme et femme.
La liste du personnel sera établie après la réception de chacun de ces documents, sachant que les personnels accompagnants doivent être suffisamment nombreux pour chacun des ehpad au cours du colloque. Il est également nécessaire d’avoir la présence de 3 à 4 infirmiers. (à ce propos, sont pressentis des IDE de Beauregard l’évêque, St Joseph Lezoux et St Amant Tallende. Par ailleurs, chaque établissement devra être en possession du dossier médical des résidents présents au colloque. (sans oublier la carte vitale)
Pour ce qui concerne la synthèse, les grandes lignes en seront rédigées en amont du colloque par un comité de rédaction composé de professionnels puis enrichie lors du colloque par les idées qui émergeront durant le colloque. Plusieurs personnes sont volontaires pour cela : D. KOLLMANN, S. LEMAIRE, A. VAISSIER, V. MARC, A. LECUSSAN, L. REPIENNICK, E. GOMEZ.
Ce comité de rédaction se réunira le jeudi 10 septembre à 9h30  aux jardins de la charme à Clermont Fd. D’autres personnes volontaires peuvent le rejoindre, dans ce cas, contactez Delphine : delphine.kollmann@yahoo.fr
En conséquence, les synthèses de chaque regroupement ainsi que les films ou pwpt devront être transmis avant le vendredi 4 septembre, par mail, à delphine.kollmann@yahoo.fr
Pour l’animation musicale, nous décidons de retenir à nouveau l’orchestre de Marc AURINE de Pont du château qui nous a fait une prestation convaincante l’an dernier. Michel MAYET le contactera
Concernant la préparation de la veillée et la définition des jeux qui seront mis en œuvre, une réunion est prévue le mercredi 09 septembre à 10h à Beauregard l’évêque (ehpad) pour les membres du groupe de pilotage (C. AUBERT, M. MAYET,  B. FONLUPT, F. PINEAU, V. GARCIA, A. VAISSIER).
Serge LABART verra sur place, au centre omnisport, avec Emilie pour les repas et les menus.
Une présentation rapide du projet « Happython » a été faite : il s’agit d’un projet de recueil de témoignages autour de la notion du bonheur. Il existe un site internet où peuvent être postés des témoignages : www.happython.com. L’initiateur du projet a réalisé des expositions de témoignages de population variée telles que des personnes au chômage ou encore de personnes atteintes de Maladie d’Alzheimer. Ce projet s’intègre au thème de Citoyennâge de cette année. Vous trouverez un article en pièce-jointe.
Le programme est défini. Il  reste allégé, comme les années précédentes :
1er jour             Accueil et installation à partir de 11h
                        12h30 à 14h30 : Déjeuner
                        Temps libre, Repos
                        16h : Collation
16h30 : Présentation ludique et interactive des posters des 7 synthèses inter-établissements
                        19h : Vin d’honneur (offert par la municipalité)
                        20h : Dîner
                        Après le dîner : Veillée « citoyenne » (jeux divers)

2éme jour        8h30 à 9h30 : Petit déjeuner
10h : Ateliers : groupe d’échange (résidents) et temps de formation (personnels, 2 groupes)
                        12h à 14h : Déjeuner
Excursion(s) diverses ou repos, temps libre
                        17h30 ou 18h30 : Visite de Vichy en petit train (selon 1 ou 2 voyages)
                        20h : Soirée de gala

3éme jour        8h30 à 9h30 : Petit déjeuner
10h : Excursions, sortie libre, marché…. Ou finalisation de la synthèse avec les résidents volontaires
                        12h30 à 14h30 : Déjeuner
                        15h : Synthèse finale (invitation à d’autres établissements intéressés et à la presse)
                        16h : Départ


mercredi 25 février 2015

Citoyennage 2015 : Le thème

Citoyennâge 2015 – Choix du thème
Vichy 25/02/2015

« Le citoyennâge sert surtout à ouvrir les yeux et les oreilles. »
Ehpad les Opalines CF (Mme « Annie Cordy »)

« C’est toujours agréable de se dégourdir l’esprit et le corps. »
Ehpad St Joseph Lezoux (Mme AUBERT)

Idées de thèmes :
*                      Communication et information autour du décès. Comment aborder le décès ?
*                      La place du personnel dans l’aide au quotidien : sa compétence, sa gentillesse… les contacts avec la direction.
*                      L’intégration des familles au sein de l’EHPAD vis-à-vis du fonctionnement.
*                      La culture en ehpad, l’animation comme lien social. L’animation répond-elle à vos attentes ?
*                      Le sentiment d’être libre en ehpad.
*                      La vie affective en ehpad : les amitiés, l’intergénération, la famille, les enfants et petits enfants, la vie de couple en ehpad, les animaux.
*                      La peur ou la gêne de déranger, la dépendance, l’impossibilité physique et le deuil des plaisirs d’avant.
*                      Le relationnel avec le personnel : confiance et attentes.
*                      La vision avec l’extérieur, l’image que renvoient la personne âgée et l’ehpad.
*                      Peut-on être heureux en ehpad et peut-on être bien entouré par le personnel et soutenu par sa famille dans un lieu confortable et agréable ?
*                      Peut-on vivre en ehpad tout en continuant à sortir à l’extérieur comme avant ?
*                      Comment rester jeune en ehpad ? Rire, sourire, participer, communiquer, s’intéresser et rester belle ou beau.
*                      Peut-on être heureux en institution ? écoutés, parler, être optimistes, rechercher la compagnie, le lien social.
*                      Le besoin de se rendre utile en ehpad. Ne pas s’ennuyer et essayer de trouver des compagnes pour parler sur certains thèmes.
*                      Comment continuer à prendre soin de soi en ehpad ? être propre et bien habillé, coiffé, la gym…
*                      La communication, échanges et débats entre résidents et personnels.
*                      La restauration : du service au gaspillage.
*                      Le rôle de la direction dans la qualité de vie en ehpad.
*                      Vivre avec les personnes désorientées.
*                      L’intergénération : vie d’antan et vie d’aujourd’hui.
*                      L’apprentissage de la vie en communauté : la tolérance entre résidents. Vivre au quotidien tout ce qui est proposé : les animations…
*                      Comment sortir de sa solitude quand on arrive en ehpad ?
*                      Comment dépasser les critiques faites entre résidents et qui font de la peine ?
*                      Comment partager son quotidien, ses problèmes avec les autres ?
*                      Profiter peut-être d’être en couple pour arriver en ehpad.
*                      Les relations entre les résidents et les soignants. Qu’attend-on des soignants ?
*                      L’animation dans la vie quotidienne.
*                      Comment développer la solidarité et la convivialité entre tous ?
*                      Comment harmoniser les relations entre les résidents, le personnel et les familles ?
*                      Comment garder sa liberté d’expression en ehpad ?
*                      Autour des repas : le plaisir de manger, le rythme du quotidien, les places à table et le gâchis.
*                      Les sorties : lesquelles ? pour qui et comment ?
*                      Le personnel : c’est quoi un bon professionnel ? son rôle et nos attentes ?
*                      La nuit : comment être tranquillisés ? comment faire avec les mauvais dormeurs ?
*                      Accepter de vieillir : image de soi, handicaps, accepter l’aide d’autrui.
*                      Les relations avec les autres résidents, famille, entourage, professionnels.
*                      La parole des résidents : comment est-elle prise en compte ?
*                      Peut-on s’aimer en ehpad ? ou créer des liens très très forts ou simplement de l’amitié ?
*                      Les activités sont-elles importantes en ehpad ? comment faire pour réunir un maximum de personnes ?
*                      Quelle est l’importance d’un jardin en ehpad ? sortir ?

*                      Comment harmoniser les relations entre les résidents, le personnel et les familles ?   9
Faire connaissance (nom, prénom).
Officialiser les rencontres (inviter les familles).
Se respecter.
La liberté « contrôlée » de chacun.
La relation de confiance avec le personnel, ça fait du bien et ça sécurise.
Comment communiquer avec les personnes désorientées.
La reconnaissance du travail et des bénévoles.

*                      Etre heureux en établissement :   15
Prendre soin de soi.
Plaire à soi-même.
Plaire à ses enfants, ses petits enfants.
Plaire de la tête aux pieds.
Indicateur de bien-être et du bon moral.
Retours positifs. « mamie tu es super », ça ravigote pour la journée.
On pense moins à séduire mais à se faire plaisir.

L’animation dans la vie quotidienne (rire, sourire, être optimiste).
Très diverses : activités cérébrales et culturelles, chant, activités manuelles.
Contribution à être heureux.
Ouverture, partage par rapport aux autres.

Rester libre (liberté d’expression et liberté d’aller et venir).
Sortir, aller au marché.
Sentiments de liberté important.
Manque d’accompagnateurs.
Faire ce qu’on veut.
Liberté de s’exprimer : dépend de celle qui parle et celle qui écoute.

On peut s’habituer à vivre en maison de retraite, si on le veut.

*                      La vie affective :
Les amitiés, la famille, la vie de couple.
La solitude.
Le décès des résidents : comment en parler ?
La vie en ehpad peut faire évoluer les relations avec les proches ; certains peuvent s’éloigner et changer d’attitude. Parfois certains ont des difficultés à se déplacer, et ne peuvent pas nous rendre visite.
Avec le personnel, il y a une relation de proximité car ils nous aident au quotidien.
Lors de notre entrée dans un établissement tout le monde se met à nous vouvoyer. Cela peut-être perturbant car créant une distance avec les autres qui n’existait pas auparavant.
La vie de couple, naturelle pour nous, pose un certain nombre de difficultés à l’institution. Cela reste pour certains un sujet tabou.
La solitude, on s’y fait par habitude ; on la subit, mais pour certains en entrant en établissement, cela devient salvateur.
Le décès des résidents : parfois, il manque de l’information, alors que certains établissements proposent un livre d’or et vont même jusqu’à accompagner la personne au cimetière.

jeudi 16 octobre 2014

Synthèse Citoyennage 2014

La vie en communauté

Ce sont des gens qui vivent ensemble, dans un même lieu, pour une même cause et les mêmes activités. Cette vie, on l’a parfois découverte avant l’Ehpad: à l’école, en pension, au régiment, dans la cité Michelin, et en couple, bien ou mal …

C’est un nouveau mode de vie, on vivait seul chez soi avec ses habitudes et sa gestion de vie.

Mais cette nouvelle communauté où l’on va vivre, on ne l’a pas choisie le plus souvent. On subit, on y rentre quand on devient malade et qu’on ne peut plus rester seul.


Quand, comment, où apprendre à se connaitre?


Accueillir l’arrivant avec son cœur comme on aimerait pour soi.
Le personnel doit nous inciter à nous présenter, à sortir, à aller vers les autres et aux animations. Il est plus facile de faire connaissance avec les autres dès qu’il y a un membre du personnel. C’est très souvent celui-ci qui débute la conversation.

         On se rencontre à table, en activité en petit groupe, devant l’ascenseur, dans le hall d’entrée de la maison de retraite (j’y ai trouvé un petit coin  où je peux voir et entendre tout ce qui se passe) ou à l’occasion de sorties qui permettent de garder le contact avec l’extérieur.


         La base, c’est en se disant bonjour, en étant poli, en échangeant des sourires, en étant convivial, avenant. C’est l’intelligence du cœur.
Comme on ne sait pas trop de quoi se parler, la conversation part sur la météo, puis les enfants, son vécu, les petites douleurs, des points communs qu’on se trouve. On ne va pas raconter toute sa vie quand même, il faut garder un peu de son intimité.
On peut aussi faire connaissance en aidant les personnes, en distribuant le courrier…

Ce qui peut aider :
-   le caractère souriant, la bonne humeur, la bonne santé, le jeune âge et son dynamisme
-   des animations en petits groupes, des réunions pour parler, des fêtes, des échanges entre établissements, des sorties.
-   Changer parfois de voisins de table lors de repas festifs, manger plus souvent avec le personnel, dehors, en plus petit comité.
-   Mettre une étiquette nominative pour identifier notre place et nos voisins de table.
-   Mettre des badges lisibles aux professionnels pour savoir à qui on a affaire
-   Aménager des endroits bien accueillants, des salons bien identifiés dedans, des bancs dehors.
-   La direction peut nous aider par sa présence, son contact, sa poignée de main, sa politesse, sa disponibilité, son humanité. Elle doit faire partie de la vie en communauté.

Ce qui n’aide pas :
-   La timidité, la surdité, la maladie, l’humeur changeante, l’isolement, la barrière de la langue, le manque d’éducation… Les regards sur soi qui impressionnent,  y a des regards qui nous diminuent et d’autres plus souriants. La peur d’être mal jugé, je ne préfère rien dire plutôt que de dire des bêtises ou de vexer.
-   Un personnel qui tourbillonne et qui est toujours pressé malgré lui.


La solitude

Celle qui ne fait pas souffrir, qui est voulue :
On a parfois besoin d’être seul, pas toujours en communauté, pour faire le vide. On se replie dans notre chambre, notre espace avec nos meubles, nos photos, notre intimité. Notre chambre on n’a plus que ça. C’est dur quand il faut la partager avec quelqu’un qui n’a pas forcément la même façon de vivre. On parle la même langue mais on vit dans des mondes différents.


Celle qui est subie et qui peut faire souffrir :
C’est quand on est seul, que personne ne nous parle. C’est la solitude au milieu des autres. On s’habitue au silence et l’on ne dit rien.
Il faut que le personnel la repère, qu’il nous parle, nous aide à nous sentir exister. On a bien des voisins mais la famille, les amis nous manquent, c’est une sorte de solitude entourée, pas loin des autres mais chacun dans sa chambre.

La solitude c’est la pire des choses, il faut se rencontrer, se parler, s’ouvrir. Faire venir les familles, les enfants, les écoles… Les animaux de compagnie peuvent aussi nous aider à lutter contre.



Respect des différences/ cohabiter

Il faut cohabiter avec toutes nos différences :
- caractère
-   religieuses
-   socio-culturelles et intellectuelles. On n’est pas tous du même milieu.
-   pays d’origine, culture, langue et même région (c’est plus facile quand on est de la région)
-   âge : 60 à 100 ans
- différence dans les handicaps. La maladie mentale engendre plus de difficultés que le handicap physique pour vivre en communauté.

Comment supporter les cris, les déambulations, les gens qui mangent salement, ça coupe la faim…? Comment faire la conversation avec quelqu’un qui a perdu la raison? Peut-on toujours parler de plaisir à être ensemble?

On est obligé de subir et/ou de tenter de fuir. Ça fait mal au cœur de les voir comme ça. On est impuissant mais on peut faire des petites choses pour eux, les aider à retrouver leur place. Il faut être patient, ne pas brusquer, rassurer, prendre par la main parfois.
On devrait se faire expliquer un peu mieux la maladie.
On compte sur le personnel pour être vigilant, recadrer quand ça ne va pas, s’assurer de la bonne ambiance à table…

Mieux vaut quand même vivre ensemble que tout seul. Ça motive : la collectivité ça permet de faire des choses que l’on ne faisait pas avant. Si on était seul, pourquoi s’habiller, se lever…

Vivre ensemble, c’est aussi à un moment donné vivre les décès quand un résident nous quitte. C’est bien qu’on nous prévienne, qu’on nous le dise et que ce soit écrit. Il faudrait pouvoir emmener aux obsèques ceux qui le peuvent et le veulent pour la personne et sa famille ; aussi faire signer une carte à transmettre à la famille.
On a besoin aussi d’avoir des nouvelles quand une personne est hospitalisée, on voudrait parfois rendre une visite, on vit ensemble quand même. On fait ça dans un village.

Bien cohabiter, c’est respecter le handicap, aller au-delà de l’étiquette. C’est partager, être attentif.
Apprendre à être avec les autres, apprendre à accepter, supporter soi-même et les autres, se découvrir soi-même au milieu des autres.
Apprendre à respecter les autres, leur façon de penser, écouter ce qu’ils ont à dire, développer sa tolérance.
J’ai appris à modérer mon regard sur les personnes handicapées, à être plus discret pour ne pas blesser.


On est tous vieux, soyons solidaires.
Que chacun y mette du sien et tout ira bien !